Ventilation et qualité de l’air

Mesure du taux de dioxyde de carbone dans les écoles du Québec

Depuis le mois de janvier 2021, à la demande du ministère de l’Éducation du Québec (MEQ), le Centre de services scolaire des Grandes-Seigneuries (CSSDGS) a entrepris de vérifier l’état de la ventilation dans les locaux des établissements de son territoire en procédant à une opération visant à mesurer le taux de concentration de dioxyde de carbone (CO2).

Selon le rapport du groupe d’experts scientifiques et techniques1 publié le 8 janvier 2021 par le ministère de la Santé et des Services sociaux, le taux de CO2 constitue un indicateur de l’apport d’air dans un local.

Les concentrations de CO2 généralement rencontrées dans les locaux ne présentent pas de risque direct sur la santé des occupants. Ces tests visent donc à déterminer si des mesures correctives sont nécessaires.

Seuil recommandé

Si une classe présente des résultats problématiques, des mesures correctives doivent être appliquées à tous les locaux similaires et de nouvelles analyses devront y être effectuées à la suite de la mise en place des actions correctives. En effet, bien que le MEQ juge acceptable des concentrations inférieures à 1 500 parties par million (ppm), il a invité les centres de services scolaires à prendre des mesures afin de viser la cible de 1 000 ppm dans les locaux. Dans ce cas, le CSSDGS doit voir à l’application des mesures d’aération des locaux et procéder à de nouvelles analyses. Le MEQ vise ainsi à favoriser la réussite éducative.2

Bilan récapitulatif de la première série d’analyses

Dernière mise à jour : 23 mars 2021

100 %

Écoles ayant complété l’échantillonnage

 

 

 

 

 

 

Mesures des concentrations de CO2 dans les écoles en parties par million (ppm)

313
locaux

Moins de
1 000 ppm

185
locaux

1 000 à
1 500 ppm

29
locaux

De 1 500 à
2 000 ppm

8
locaux

Plus de
2 000 ppm

Ce graphique récapitulatif prend en compte uniquement la 3e mesure de la journée. La 3e mesure permet de vérifier l’efficacité de la directive d’ouverture des fenêtres (lorsqu’applicable).

Voir la section Phase I ci-dessous pour les résultats détaillés.


OPÉRATION D’ANALYSE DE LA CONCENTRATION
EN DIOXYDE DE CARBONE

Phase I – Première série d’analyses (Hiver 2021)

  • Établissements visés : Tous les établissements du CSSDGS
  • Locaux analysés : De 4 à 14 locaux analysés par établissement
  • Fin des analyses : Le 22 mars 2021
  • Procédure d’analyse : Trois mesures par local analysé
    • Mesure 1 : Avant le début du cours (local vide)
    • Mesure 2 : Au milieu de la période de cours
    • Mesure 3 : 20 minutes après l’ouverture des fenêtres (lorsque possible)

Résultats détaillés de la phase I

Consultez le tableau des résultats par établissement et par local de la première série d’analyses (hiver 2021) >>

Phase II – Deuxième série d’analyses (Printemps 2021)

  • Début de la phase II : 8 mars 2021
  • Délais prescrits pour la seconde analyse : À venir
  • Procédure :
    La phase II comprend une série de correctifs, suivis de nouvelles mesures de concentration en CO2 des locaux problématiques pour en vérifier l’efficacité, et ce, jusqu’à ce que la concentration respecte le seuil recommandé de 1 000 ppm.
    Les locaux pour lesquels des taux supérieurs à 2 000 ppm ont été enregistrés sont priorisés. Ceux aux taux se situant entre 1 500 et 1 999 ppm suivront rapidement, puis finalement ceux entre 1 000 et 1 499 ppm.

Communication des résultats : À venir


Exemples de mesures et travaux correctifs

En plus de l’application de la Directive concernant la ventilation des locaux dans les établissements scolaires3 du CSSDGS, voici quelques exemples de mesures pouvant être mises en place, selon la problématique propre à chaque établissement ou local.

  • Local ventilé naturellement
    • Ouverture des fenêtres, notamment au début et à la fin des classes, durant les pauses.
    • Ouverture des portes des classes 30 minutes avant et après les classes, et ce, aussi souvent que possible.
    • Ouverture continue des fenêtres surplombant les portes (vasistas), le cas échéant.
    • Installation d’échangeurs d’air.
    • Réparations et correctifs apportés aux fenêtres défectueuses ou inaccessibles.
  • Local ventilé mécaniquement (selon le type de système de ventilation)
    • Optimiser l’apport d’air frais extérieur, si le système de ventilation en place le permet.
    • Modifier ou ajuster le système de ventilation de manière à augmenter le débit d’air dans les zones insuffisamment ventilées.

Constat important : L’ouverture des fenêtres réduit significativement les taux de CO2

Les résultats obtenus jusqu’à maintenant, pour la phase I comme pour la phase II, démontrent que l’ouverture des fenêtres permet de réduire significativement les concentrations en CO2 dans les locaux analysés. C’est pourquoi le CSSDGS a réitéré, à l’ensemble des directions d’établissement, l’importance d’ouvrir régulièrement les fenêtres, plus précisément en appliquant la Directive concernant la ventilation des locaux dans les établissements scolairesdu CSSDGS.


Foire aux questions (FAQ)

1. Quelles actions correctives seront effectuées si le taux de dioxyde de carbone dépasse la norme minimale de 1000 ppm, lors des prélèvements de la phase II?

La situation de chaque école ou local est unique. Les actions correctives qui seront mises en place varieront donc d’un local ou d’une école à l’autre.

Voici quelques exemples des mesures qui pourraient s’appliquer, selon le cas :

  • Local ventilé naturellement
    • Réparations et correctifs apportés aux fenêtres défectueuses ou inaccessibles.
    • Ouverture des fenêtres, notamment au début et à la fin des classes, durant les pauses, idéalement en l’absence des élèves.
    • Ouverture des portes des classes 30 minutes avant et après les classes, et ce, aussi souvent que possible.
    • Ouverture continue des fenêtres surplombant les portes (vasistas), le cas échéant.
    • Installation d’un échangeur d’air.
  • Local ventilé mécaniquement (selon le type de système de ventilation)
    • Optimiser l’apport d’air frais extérieur, si le système de ventilation en place le permet.
    • Modifier ou ajuster le système de ventilation de manière à augmenter le débit d’air dans les zones insuffisamment ventilées.

2. Pourquoi y a-t-il une opération provinciale d’analyse de la qualité de l’air dans les établissements scolaires?

Le contexte pandémique, le retour en classe des élèves à l’automne et la saison hivernale ont soulevé certaines préoccupations quant à la qualité de l’air dans les établissements scolaires.

Le MEQ a donc émis une directive auprès des centres de services scolaires afin qu’ils effectuent des analyses de la qualité de l’air dans l’ensemble des établissements d’ici le 15 mars 2021.

3. Quel est le taux acceptable de dioxyde de carbone?

Santé Canada a établi un seuil de confort à 1 000 ppm.

Même si le MEQ juge acceptable des concentrations inférieures à 1 500 ppm, il a invité les centres de services scolaires à viser la cible de 1 000 ppm.

Lorsque la concentration de CO2 atteint 2 000 ppm, des actions doivent être entreprises dans les plus brefs délais.

Par ailleurs, dans un extrait de la Fiche de renseignement – Mesure du dioxyde de carbone dans les écoles du Québec 3, on peut lire que le Règlement sur la santé et la sécurité du Québec (Annexe I) établit que la limite d’exposition au CO2 en milieu de travail est de 5 000 ppm pour une exposition de huit heures de travail. La même valeur a été fixée par l’American Conference of Governmental Industrial Hygienists.

4. Est-ce qu‘il y a une différence importante entre les concentrations de dioxyde de carbone dans l’air intérieur et extérieur ?

La concentration moyenne de dioxyde de carbone (CO2) dans l’air extérieur est de l’ordre de 300 à 400 ppm (parties par million). Elle peut atteindre 500 ppm dans certaines zones urbaines. Les humains, en raison de leurs activités, produisent du CO2 en expirant. Si bien que dans les espaces intérieurs occupés, les concentrations de CO2 sont plus élevées que celles mesurées à l’extérieur. Ainsi, à mesure que l’apport d’air frais extérieur diminue dans un espace intérieur, le taux de CO2 dans cet espace augmente2.

5. Est-ce que la santé de mon enfant est à risque?

Les études démontrent un lien corrélatif entre une augmentation de la concentration de CO2 dans des espaces clos, comme des classes, et certains effets sur l’humain : maux de gorge, écoulement nasal et moins grande capacité à l’effort mental. Plusieurs de ces effets apparaissent à des concentrations variant entre 800 et 1 200 ppm. Cependant, l’exposition à de telles concentrations de CO2 n’est pas nuisible à la santé humaine et les enfants ne sont pas particulièrement vulnérables4.

6. Comment sélectionne-t-on les locaux pour la réalisation des tests d’analyse sur la qualité de l’air?

Quatre à 14 locaux permettant de bien représenter l’ensemble du bâtiment doivent être sélectionnés, en intégrant un local par type de local identifié. Plus de locaux peuvent être testés si cela s’avère nécessaire.

Le type de local fait référence à la configuration des locaux (l’orientation par rapport au vent et au soleil, l’étage sur lequel elle se trouve, le nombre de fenêtres, le type de ventilation, etc.) et aux occupants de celui-ci (niveau scolaire, nombre d’occupants, etc.).

Si un local présente des résultats problématiques, des mesures correctives doivent être appliquées à tous les locaux similaires et des mesures devront être reprises dans tous ces locaux à la suite de la mise en place des actions correctives.

L’échantillonnage peut se faire dans d’autres locaux de l’école, mais au moins quatre classes doivent être testées dans chaque bâtiment.

7. Y a-t-il des locaux sans fenêtre et sans ventilation mécanique ? Si oui, quelles mesures seront mises en place ?

Les locaux sans fenêtre ni ventilation mécanique sont rares, dans le parc immobilier du CSSDGS.

Il est recommandé d’éviter, si possible, d’utiliser ces locaux comme salles de classe ou de réunion. L’usage doit être modifié de sorte à ne pas y permettre une occupation par un groupe d’élèves ou d’autres personnes.

Si toutefois, pour une raison de force majeure, un tel local devait être occupé par des personnes, son usage devrait être temporaire et les mesures ci-dessous devront être mises en place :

  • Respecter toutes les consignes sanitaires de base, comme le port du masque ou du couvre-visage et la distanciation physique ;
  • Diminuer significativement le nombre de personnes dans le local ;
  • Garder la porte du local ouverte en tout temps ;
  • Dans le cas des locaux occupés par une seule personne :
  • Maintenir la porte du local ouverte en tout temps ;
  • Ne pas y tenir de rencontres avec d’autres occupants ;
  • L’utilisation de ces espaces devrait donc être temporaire, en attendant de relocaliser les occupants dans un autre local ou de réaliser les travaux correctifs requis pour ventiler le local.

8. Pourquoi le nombre de locaux analysés diffère-t-il d’une école à l’autre?

Selon le protocole établit par le MEQ, un minimum de quatre à 14 locaux représentatifs de l’ensemble du bâtiment doivent être sélectionnés, en intégrant un local par type de local identifié. Plus de locaux peuvent être testés si cela s’avère nécessaire.

Certaines écoles ont une plus grande variété de types de locaux, ou encore comportent plus d’un édifice, ce qui requiert un plus grand échantillonnage.

Le type de local fait référence à la configuration des locaux (orientation par rapport au vent et au soleil, l’étage sur lequel elle se trouve, nombre de fenêtres, type de ventilation, etc.) et aux occupants (niveau scolaire, nombre d’occupants, etc.).

9. Pourquoi ne pas installer des purificateurs d’air dans les classes? 

Un rapport du groupe d’experts scientifiques et techniques1 publié le 8 janvier 2021 par le ministère de la Santé et des Services sociaux stipule que l’utilisation de dispositifs de filtration mobiles (ou purificateurs d’air) en milieu scolaire n’est pas recommandée, en raison :

  • de leur efficacité non démontrée à ce jour pour contrer la transmission de maladies par aérosols;
  • de leur efficacité réduite dans une grande pièce (comme une classe où les sources de particules potentiellement infectieuses sont dispersées ou éloignées de l’appareil);
  • du risque d’une utilisation inappropriée (génération possible de flux d’air porteur d’aérosols);
  • du bruit qu’ils produisent qui pourrait nuire à la concentration.

De plus, il est mentionné que l’installation de tels équipements peut générer un faux sentiment de sécurité.

Références et documents utiles

  1. Ventilation et transmission de la Covid-19 en milieu scolaire et en milieu de soins – Rapport du groupe d’experts scientifiques et techniques, Gouvernement du Québec, 2021.
  2. Document de référence sur la qualité de l’air dans les établissements scolaires, Ministère de l’Éducation du Québec, Janvier 2021.
  3. Directive concernant la ventilation des locaux dans les établissements scolaires, Centre de services scolaire des Grandes-Seigneuries, Service des ressources matérielles, 13 janvier 2021.
  4. Santé Canada, consultation : projets de lignes directrices sur la qualité de l’air intérieur résidentiel pour le dioxyde de carbone, https://www.canada.ca/fr/sante-canada/programmes/consultation-lignes-directrices-qualite-air-interieur-residentiel-dioxyde-carbone/document.html, page consultée le 9 février 2021.